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Mariage temporaire : les hadiths pour ou contre chez les chiites

La semaine dernière nous avons parlé du mariage temporaire, de la position du Prophète (PSL) sur la question et de ce que les musulmans en ont fait après lui. Chiites et sunnites s’opposent sur la question. Nous avons répertorié pour vous les hadiths (paroles ou actes du Prophète) chez les chiites qui le permettent et le récusent. Notre religion a instauré le libre arbitre, seul Dieu est savant !

La plupart des Chiites récusent les hadiths considérés par la majorité des musulmans comme les plus fiables et compilés par Muslim et Buhari. Ils ne reconnaissent pas ces deux éminents savants qui nous ont rapporté le plus de hadiths retraçables du Prophète Mohammad (PSL).

Cependant même chez les Chiites il y a des hadiths pour et contre le mariage temporaire. Mais la plupart d’entre eux ne permettent pas seulement la Mout’a (mariage temporaire), mais l’encouragent activement, en prétextant que l’islam n’est pas responsable de la frustration sexuelle des jeunes, et que le mariage temporaire est la solution aux problèmes. Selon leur livre al-Kafi (compilation de hadiths), pratiquer la Mout’a fait rapprocher le musulman de Dieu, et l’éloigne de l’enfer.

Les savants musulmans considèrent évidemment tous leurs hadiths ci-dessous comme fabriqués :
  1. Le Prophète dit : Celui qui contracte une Mout’a sera préservé du feu. Celui qui contracte deux Mout’a sera en compagnie des hommes vertueux (au Paradis). Et celui qui le fait à trois reprises sera mon compagnon au plus haut degré du Paradis. (Al-Kafi)
  2. Le Prophète dit : L’homme et la femme qui meurent sans avoir pratiqué la Mut’a, pas même une fois dans leurs vies, apparaitrons le Jour du Jugement avec leurs oreilles et leur nez coupés, ainsi que leurs visages déformés. (Al-Kafi)
  3. L’Imam Jafar as-Sadiq rapporte du Prophète que : Un tiers du corps est sauvé du feu par un contrat de Mut’a. Deux tiers du corps est sauvé du feu avec deux Mut’a, et tout le corps est sauvé du feu avec trois contrats. (Al-Kafi)
  4. Il est rapporté par l’Imam Baqir que le Prophète dit : Lorsque j’étais aux cieux lors du Mi’raj, Gabriel m’a rencontré et m’a dit : Ô Muhammed, Allah a promis de pardonner tous les péchés à ces femmes qui pratiquent la Mut’a. (Al-Kafi)
  5. Pour la femme qui retourne sa dot à l’homme avec qui elle a contracté la Mut’a et celle qui renonce à sa dot, Allah la récompensera avec 40 000 villes de lumière, et 70 000 robes de velours et brocart de soie… Et Allah la récompensera avec 70 000 robes supplémentaires du Paradis pour chaque quart de dirham qu’elle rend… et pour chaque quart de dirham, Allah assignera 1000 anges qui continueront à lui écrire ses vertus sur son compte jusqu’au jour du jugement. (Al-Kafi) (sic, celui-là est le meilleur !)
  6. ‘Abd Allâh Ibn ‘Umayr al-Laythî demanda à Abû Ja’far (Muhammad) :

– Que dis-tu au sujet du mariage temporaire ?

Il répondit : – Dieu l’a déclaré licite dans son Livre et par la bouche de son Prophète et il sera licite jusqu’au Jour du Jugement.

– Ô Abu Ja’far, tu n’es pas le seul à dire cela, cependant ‘Umar l’a interdit et a nié qu’il soit licite.

– Même s’il l’a fait, cela ne change rien.

– Prends garde, au nom de Dieu, de déclarer licite une chose que Umar a interdite !

– Toi, tu te ranges à l’avis de ton compagnon, moi, je me range à l’avis de l’Envoyé de Dieu ; ne t’ai-je pas montré que la parole juste est celle de l’Envoyé de Dieu et que l’affirmation fausse est celle de ton compagnon ?

Abd Allâh Ibn ‘Umayr acquiesça puis il ajouta :

– Cela te ferait-il plaisir que tes femmes, tes filles, tes soeurs et tes nièces contractent ce type de mariage ?

Abû Ja’far s’éloigna de lui lorsqu’il mentionna ses femmes et ses nièces.

Kulaynî, Furû’al-Kâfi, T.V, p.449

J’ai questionné Abû ‘Abd Allâh (Ja’far al-Sâdiq) au sujet du mariage temporaire. Il m’a répondu :

– Il est licite à condition que la femme soit bien au courant de ce qu’il signifie.

– Ô notre vénéré maître, et si elle ne le sait pas ?

– Alors explique-le-lui et ne lui cache rien. Si elle accepte, tu peux l’épouser de cette manière et si elle refuse les conditions que tu lui auras exposées, laisse-la et cherche parmi les dévergondées, les racoleuses, les licencieuses et celles qui multiplient les maris.

– Qui sont les dévergondées ?

– Celles qui dévoilent leurs charmes et dont les maisons sont connues et fréquentées par de nombreux hommes.

– Qui sont les racoleuses ?

– Celles qui se font ostensiblement remarquer et qui sont connues pour leur corruption.

– Qui sont les licencieuses ?

– Celles dont on sait qu’elles pratiquent l’adultère.

– Qui sont celles qui multiplient les maris ?

– Celles qui sont divorcées d’une manière non conforme à la loi (sunna).

Kulaynî, Furû’al-Kâfi, T.V, p.454.

Et maintenant, voici trois hadiths Chiites qui contredisent la Mut’a :

1. L’Envoyé de Dieu a dit : Dieu, qu’Il soit honoré et glorifié, déteste ou maudit la femme ou l’homme qui se marie uniquement afin de goûter le mariage (ou seulement pour satisfaire leurs désirs charnels). (Al-kâfî/vol.6/p.54)

2. L’Envoyé de Dieu a dit : Mariez-vous et ne divorcez pas, car le divorce fait trembler les cieux. (Wasâil ul-Shîa/vol.22/p.9)

3. Ali rapporte : Le Prophète a interdit, le jour de Khaybar (de manger) la viande d’âne et la Mut’a. (Source : “Al Tahtheeb” 7/251, “Al Istibsar” 3/142, “Wasael al Shia” 21/12)

A propos de ce dernier hadith, Tusi déclara : ce récit est sous la Taqiya. Sous-entendu que ‘Ali, selon la secte, aurait donné une fausse fatwa de peur de se faire tuer !

Conclusion :

Le seul mariage autorisé en islam est celui où l’homme et la femme ont une intention sincère de s’unir pour vivre ensemble éternellement sur terre et dans l’au-delà.

Le Coran dit : « Celui à qui on a enjolivé sa mauvaise action au point qu´il la voit belle…? – Mais Allah égare qui Il veut, et guide qui Il veut. » (Coran 35.8)

« Est-ce que celui qui se base sur une preuve claire venant de son Seigneur est comparable à ceux dont on a embelli les mauvaises actions et qui ont suivi leurs propres passions ? » (Coran 47.14)

La particularité de la religion musulmane c’est qu’elle en appelle à l’intelligence de l’être humain. Les règles sont édictées, le Coran est là, la sunna du Prophète (PSL) est là et le musulman est libre d’agir comme bon lui semble, aucune autorité supérieure (ni prêtre, ni pasteur) ne sont là pour lui dicter la conduite à suivre ou l’absoudre de ses pêchés. Que l’on soit chiite ou sunnite, le bon sens doit prévaloir avant tout. Dieu a créé l’être humain intelligent, avec un cerveau pour réfléchir et lui a indiqué le bon et le mauvais chemin. Mais chacun est libre d’agir comme bon lui semble, tout individu ne répondra que devant Lui, le Tout Puissant.

Pour le reste, Allahou ahlem ! Dieu est le Plus Savant !

 

 

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