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Trafic de jeunes filles : la gendarmerie senegalaise arrête des sierra leonais

Les gendarmes de la Section de recherches de Dakar ont mis aux arrêts 3 sierra-léonais qui s’adonnaient à un trafic de personnes. Ces individus ont fait venir 87 filles de la Sierra Léone pour les placer dans des circuits de traite humaine entre Dakar et les pays du Moyen Orient.

Les filles ont été retrouvées sur trois sites différents entre Malika, Diamniadio et Medina. Les hommes en bleu expliquent que le modus operandi des trafiquants consistait à faire venir des filles de la Sierra Léone par voie routière, en transitant par la Guinée, moyennant des sommes d’argent variant entre 350 000 francs Cfa et 400 000 francs Cfa. Mais une fois au Sénégal, les malfaiteurs convoyaient les filles vers les pays du Moyen Orient, grâce à une complicité locale.

De nombreux pays se fermant à l’immigration, les migrants font de plus en plus appel à des réseaux de passeurs pour les aider, se plaçant ainsi en situation potentiellement dangereuse. Le trafic des êtres humains est très lucratif ; selon le CRS, (congressional research service) c’est la troisième source de bénéfices pour le crime organisé, après les drogues et les armes, générant des milliards de dollars chaque année.

Le crime organisé opérant au sein des pays et de manière transfrontalière dispose souvent des réseaux de passeurs bien structurés, organisés, financés et quasi-intouchables par les forces de répression du banditisme. Certains trafiquants sont des individus ou de petits groupes spécialisés. Des équipes mari–femme trafiquent des femmes qu’ils maintiennent en état de quasi-servitude domestique pendant des années. Les trafiquants peuvent être des amis, des membres de la famille, des voisins.

Ils utilisent diverses manières pour capturer leurs victimes. Certains usent le bouche-à-oreille et leurs relations personnelles pour attirer des personnes qui veulent émigrer et trouver un emploi. Dans le cas des enfants, certains utilisent des procédures d’adoption. Pour les femmes, le recrutement prend des formes variées allant de publicités dans les journaux au recours à des bureaux de mariage. Bien que certaines femmes sachent qu’elles devront travailler comme prostituées, elles ne savent pas qu’elles se trouveront en quasi-servitude et incapables d’échapper à leurs exploiteurs.

De manière générale, les trafiquants utilisent divers moyens pour maintenir leurs victimes dans la servitude : servitude pour dette, confiscation de passeport, sévices physiques et psychologiques, viol, torture, menace d’arrestation et de déportation, et menaces à l’encontre de la famille de la victime. Les victimes se trouvent souvent coupées du monde extérieur, incapables de parler la langue locale, sans identification et sans papiers. Dans des cas extrêmes, elles ne savent même pas où elles sont. Il leur est donc extrêmement difficile de trouver une aide.

Dans d’autres cas, elles ont peur de la police parce que les forces de l’ordre sont corrompues, ou perçues comme telles, et qu’elles ont peur d’être déportées. Les victimes ont aussi souvent peur de rentrer dans leur pays où elles doivent encore peut-être de l’argent aux passeurs, où elles risquent d’être humiliées publiquement pour le travail qu’elles avaient été obligées de faire ou de se trouver encore victimisées avec leurs familles.

source : seneplus

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