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Savoir reconnaitre quand un de vos proches souffre de bipolarité

Plus connus sous le nom de «maladie maniaco-dépressive», les troubles bipolaires se caractérisent par des fluctuations extrêmes de l’humeur, avec une alternance de périodes d’excitation et de dépression, entrecoupées de périodes normales.

Les conséquences d’une telle oscillation peuvent être particulièrement graves dans tous les domaines, financier, social, professionnel, familial, etc.

Les troubles bipolaires, c’est quoi exactement ?

Il nous est tous arrivé de passer de l’euphorie à la colère, c’est-à-dire d’une humeur extrême à une autre. Cette alternance n’a eu aucune conséquence. En revanche, chez les personnes atteintes de troubles bipolaires, cette fluctuation est persistante, douloureuse et invalidante.
Les sujets qui souffrent de cette maladie psychique oscillent perpétuellement entre trois états plus ou moins fréquemment et plus ou moins intensément :

1. L’état maniaque

Euphorie ou irritabilité, augmentation de l’estime de soi, idées de grandeur, accélération des pensées, fuites des idées, forte augmentation des activités, diminution du besoin de sommeil, etc. Or cet état d’hyperactivité peut avoir des conséquences fortement dommageables, comme par exemple des dépenses inconsidérées d’argent. À noter que le terme « maniaque » ou « manie » au sens psychiatrique désigne un état d’excitation anormal et non pas les manies au sens populaire désignant des habitudes stéréotypées.

2. L’état dépressif

Tristesse, perte d’intérêt, fatigue, ralentissement psychique et moteur, modification de l’appétit et du sommeil. Cette humeur dépressive peut avoir de fortes répercussions dans le domaine social et professionnel, sans oublier un risque suicidaire.

3. L’état normal

Mais chez certains patients, des troubles peuvent persister : difficultés de sommeil, hyper réactivité émotionnelle, troubles cognitifs, etc.

Des conséquences dramatiques

Comme indiqué ci-dessus, la période d’excitation extrême, tout comme celle de la dépression, peuvent entraîner des comportements à risques dans tous les domaines.
En plus de la souffrance personnelle et du risque de suicide (qui peut aussi survenir durant l’état maniaque), les conséquences professionnelles des troubles bipolaires peuvent être sérieuses : démission irréfléchie, conflits, instabilité professionnelle, comportement agité, licenciement.
Les conflits conjugaux au niveau familial sont fréquents : divorce, séparation, répercussion sur les enfants, mais aussi perte d’amis, etc.
Les prises de risque sont parfois inconsidérées : rapports sexuels non protégés, excès de vitesse, défis dangereux, délits, agression physique, consommation d’alcool, de drogues.

Les troubles bipolaires se soignent

Il est possible de stabiliser l’évolution des troubles bipolaires en régulant l’humeur à l’aide : de traitements pharmacologiques (psychotropes), d’une psychothérapie (psychanalyse, thérapie cognitive et comportementale) et d’une psychoéducation.

Les médicaments

Episodes maniaques et dépressifs : thymorégulateur (lithium), anticonvulsivants (divalproate de sodium), antipsychotiques atypiques (olanzapine, rispéridone, aripiprazole), voire antidépresseurs.
Traitement de fond : normothymique (régulateur de l’humeur), soit lithium ou antipsychotique atypique (olanzapine, rispéridone, aripiprazole).

Les psychothérapies

La psychothérapie tient une place importante dans la prise en charge du patient souffrant de troubles bipolaires. Et les mesures psychothérapeutiques sont spécifiques à chaque patient.

La psychoéducation

Informer le malade et son entourage (psychoéducation), fait également partie du traitement. L’action personnelle du malade est au moins aussi importante que les médicaments et l’aide psychothérapeutique.
Hélas, la prise en charge est souvent trop tardive avec des retards de diagnostic. D’où l’importance de connaître cette maladie et de savoir la reconnaître.

L’enjeu actuel est aussi l’amélioration du dépistage

En moyenne, la maladie évolue pendant dix ans avant qu’un traitement ne soit instauré (1). Or ce retard de diagnostic est particulièrement délétère, car on considère les cinq premières années de la maladie comme une phase critique au cours de laquelle les chances de rémission sont les plus grandes et la réponse aux traitements la meilleure.

Dans ces recommandations, la Haute autorité de santé confirme la complexité du diagnostic. « Les différents types d’épisodes ne se manifestent pas de manière équivalente : les épisodes dépressifs sont prédominants et plus nombreux tandis que les épisodes de manie – et surtout d’hypomanie – peuvent passer inaperçus pour le médecin comme pour le patient qui les subit. » De plus, débutant précocement, cette maladie peut être associée à d’autres pathologies psychiatriques (addictions, troubles anxieux, troubles des conduites, etc.) ou être confondue avec une schizophrénie par exemple.

E-Sante

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