Accueil » Voyages » Découvertes » Périple à Babelvet : perdus dans le désert mauritanien !

Périple à Babelvet : perdus dans le désert mauritanien !

Connaissez-vous le désert mauritanien ? Certainement très peu d’entre vous répondrons par l’affirmative. Et pourtant ça vaut le détour… si vous avez les reins solides !

Nous étions invités à un concours de récital coranique suivi de la ziara (hommage) rendue à un Saint homme à Babelvet dans le désert mauritanien. C’était la première fois pour nous d’aller dans le désert ma sœur et moi. Mon frère nous avait averties du fait que nous devions quitter Dakar tôt le matin, car avec plusieurs autres invités et des guides envoyés par nos hôtes, nous devions nous retrouver vers 14h à Rosso Mauritanie (Rosso est la ville sur les deux rives du fleuve Sénégal et qui marque la frontière. Il y a donc Rosso Sénégal et Rosso Mauritanie). Mais presque comme toujours quand nous voyagions, nous avions encore une fois quitté tard, et par conséquent avons raté le gros du contingent en direction de Babelvet et qui avait quitté Rosso vers 14h30. A notre arrivée à Rosso Sénégal, il était 17h, et, le temps d’attendre le bac, d’effectuer la traversée et les formalités d’entrée sur le territoire mauritanien, il était 18h30.

Avec un autre couple de retardataires, la sœur de la dame, mon frère et un de ses amis, nous étions attendus par deux pick-up avec leurs chauffeurs et quatre guides.  5km après l’entrée de Rosso Mauritanie, nous avons quitté la route de Nouakchott pour nous enfoncer à l’intérieur des terres. Nos guides étaient un peu irrités par notre retard, car disaient-ils, ce n’est pas évident de se repérer la nuit dans le désert, malgré toute leur expérience du désert. Heureusement, d’après eux, que Babelvet était à peine à 3h de temps de la route de Nouakchott. Avec un peu de chance, nous serions arrivés un peu après la tombée de la nuit.

Les repères dans le désert

Se repérer dans le désert est une autre affaire, surtout quand le soleil se couche. Dans les pick up, les guides étaient debout à l’arrière et scrutaient la route en lançant des ordres aux chauffeurs. « Va tout droit, tourne vers la droite, tourne vers la gauche » ! Je trouvais tellement bizarre, que ces gens-là puissent se repérer dans un environnement où tout se ressemblait. Les seuls repères que je voyais sur la route étaient des traces de pneu qui parfois allaient vers la gauche ou vers la droite, et il y en avait des dizaines ! Un des guides dira plus tard, qu’ils se repéraient même à l’aide d’arbustes qui étaient soit à droite, soit à gauche. Ce qui me laissait perplexe car les arbustes étaient tous semblables !

un village dans le désert mauritanien

un village dans le désert mauritanien

Rouler dans les dunes de sable

Après quelques km de route, le calvaire commença…Jusque-là nous roulions sur une route plate, et dur, mais 30mn plus tard apparaissaient les premières dunes de sable, et bonjour le rallye paris–dakar ! « Accrochez vous ! » avait dit le chauffeur et vlan ! On commençait à bondir et rebondir sur les dunes. J’avais l’impression d’être une balle de ping pong que des joueurs envoyaient dans tous les sens et ma sœur me dit qu’elle avait l’impression d’être du liquide qu’on secouait dans une bouteille. Bien que solidement accrochés, on se cognait la tête sur le toit de la voiture chaque fois que la voiture rebondissait sur une dune et on était projeté les uns contre les autres ou contre les portières. Bien sûr dans ces vieilles pick-up les ceintures de sécurité n’existaient plus depuis longtemps. Et pourtant il semblait que c’était elles qui étaient les voitures du désert. Mais le pire restait à venir…

Perdus dans le désert

Après s’être arrêté pour prier magreb et ichaa dans de petites bourgades la nuit était tombée et nos guides devenus hésitants sur le chemin à suivre. Normalement nous aurions dû être arrivés ou en vue de Babelvet nous dirent-ils. Voilà pourquoi ils n’aimaient pas affronter le désert la nuit. Mais d’après eux on avait encore de la chance, car la nuit baignait dans un éclatant clair de lune. Il faisait bon, même un peu frais d’ailleurs. Le long de la piste on voyait parfois des chameaux courir, et parfois l’un d’eux nous accompagnait un moment avant de disparaitre. Il faisait si clair que nous pouvions aisément distinguer arbres et arbustes et les traces de pneu sur la piste. Seulement elles disparaissaient parfois ou reparaissaient vers la droite ou la gauche. Au bout d’un moment, les guides demandèrent aux chauffeurs de s’arrêter. Le constat était là ! Nous étions perdus dans le désert. Nous avions déjà dépassé deux ou trois villages pour demander notre route et la réponse était, « continuez tout droit » ou « allez toujours vers votre droite » ou « allez toujours vers votre gauche ». Quand j’ai demandé à un des guides quelle était la solution maintenant, il me répondit «il faut prier ! Demander à Allah de nous indiquer le droit chemin ! » Je lui dis « mais vous avez un téléphone, appelez à Babelvet, dites-leur que nous sommes perdus, qu’ils envoient quelqu’un à notre recherche, vous êtes vraiment de drôles de guides ! » il me répondit « mais oui, madame, même les meilleurs guides se perdent la nuit dans le désert ! Quant à appeler Babelvet nous l’avons déjà fait, mais comme ils ne savent pas où nous nous trouvons, ils ne peuvent ni venir nous chercher, ni nous indiquer le chemin à suivre, ils prient aussi pour que nous trouvions le chemin… » « Quoi ! ? ».

A suivre….

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Login