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les règles de la zakatul fitr ou aumône de fin de Ramadan

Nous arrivons au terme du mois de Ramadan. Le mois suivant est le mois de shawwal, dont le premier jour correspond à la fête de l’Aïd al-fitr. Cette fête, l’Aïd al-fitr, doit être une fête pour tout le monde, riches comme pauvres. C’est pour cela notamment qu’a été instituée la zakat al-fitr.

Cette aumône (zakât) sert ainsi à purifier le jeûne du fidèle de tout ce qu’il avait commis comme petites fautes durant le mois de Ramadan, à subvenir aux besoins du pauvre en ce jour de fête, et à répandre la joie autour de nous…

La Zakât al-fitr doit être versée par chaque tuteur musulman (père de famille ou mère chef de famille) pour lui et pour ceux (musulmans) qui sont à sa charge obligatoire (ses deux parents pauvres, ses enfants mâles jusqu’à ce qu’ils entrent en puberté et qu’ils puissent gagner leur vie, ses filles sans revenus jusqu’à ce qu’elles se marient ou soient demandées en mariage, son(ses) épouse même s’il elle est riche, ses esclaves (à l’époque où il y en avait) ou domestiques et l’(les)épouse de son père pauvre)…

Les jurisconsultes Hanafites et Malikites dispensent le père de famille de payer cette zakât pour ses enfants mâles majeurs (sauf s’ils sont handicapés), même s’ils ne disposent pas d’un revenu indépendant, car il n’est plus légalement responsable d’eux.

Les Shafi’ites et les Hanbalites exigent du père de famille de payer cette zakât pour tous les membres de la famille, y compris ceux qui sont majeurs, quand ils n’ont pas de revenu.

La femme riche donnera la zakât al-Fitr à la place de ses deux parents pauvres et son mari donnera la zakât pour elle (à condition qu’elle et ses deux parents soient musulmans).

Seuls les Hanafites n’exigent pas de l’époux de payer cette aumône pour son épouse, car elle ne fait pas partie des dépenses obligatoires de l’époux (pour eux). Quand il le fait, c’est considéré (pour eux) comme un acte volontaire.

Chaque Musulman qui a les moyens doit s’acquitter se la zakat al-fitr.  Elle doit même être versée pour un bébé qui naît avant l’aube du jour de la fête.

Celui qui n’a pas d’argent au moment de donner cette zakat mais qui peut avoir l’argent après, et peut emprunter, doit emprunter de l’argent pour la donner, à condition qu’il soit sûr de pouvoir rendre l’argent emprunté plus tard.

D’après un hadith du Prophète PSL, le jeûne du mois de Ramadan est entre ciel et terre et ne monte vers le Seigneur que si la zakat al-fitr a été acquittée par le jeûneur.

Celui qui est redevable de cette zakât et retarde de la donner jusqu’au coucher du soleil du jour de la fête (ou plus) aura commis un péché. Mais il ne sera pour autant pas exempté de cette zakât.

Quand la donner ?

Le Messager de Dieu a ordonné que cette aumône soit versée avant que le Croyant ne se rende à la prière de l’ Aïd. Selon certains juristes, cette aumône peut être versée 2 jours avant la fin du mois de Ramadan.

Ibn ‘Abbâs rapporte que le Prophète (paix et salut sur lui) a dit : « …celui qui donne cette zakât (al-fitr) avant la prière (de la fête), elle sera une zakât agréée ; et celui qui la donne après la prière (de la fête) ce sera une aumône parmi les aumônes »

Il y a deux versions chez les Malikites : une qui l’impose dès l’aube du premier jour de Shawwâl et une autre qui l’impose dès le coucher du soleil du dernier jour du Ramadan… elle peut être donnée aussi une journée ou deux jours avant l’Aïd.

Où et à qui la donner ?

Elle est à donner dans l’endroit de résidence, en règle générale. Néanmoins, Il y a des exceptions quand il s’agit de verser cette zakât à un pays où les musulmans ont vraiment plus besoin d’aide et plus dans le besoin : là il est possible de l’envoyer à ces pauvres.

Elle est donnée aux pauvres ou nécessiteux (qui ne sont pas légalement à notre charge) et qui sont obligatoirement libres musulmans et ne faisant pas partie de la famille des Banî Hâshim (les Cherifs).

Certains savants comme Ibn Taymiyya disent : si les proches qui la méritent (pauvres) habitent un autre pays, dans ce cas elle peut leur être envoyée.

Attention : ces proches pauvres ne doivent pas être légalement à notre charge. Par exemple nos enfants (petits) et nos parents sont légalement à notre charge et donc ne peuvent pas recevoir cette zakât. Le fait de la donner aux proches pauvres implique une double récompense : celle de renouer le lien de sang et celle de l’aumône.

Chez les Malikites l’absent ou le voyageur peut demander à quelqu’un d’autre de la donner à sa place…

Sous quelle forme doit-on la donner et à combien s’élève la zakat al-fitr ?

La zakat al-fitr peut se donner soit sous forme de denrées alimentaires soit sous forme pécuniaire, c’est-à-dire avec de l’argent, conformément à deux avis juridiques. Certains savants, comme l’Imam Malik, soutiennent en effet qu’on ne peut donner la zakat que sous forme de denrées alimentaires (orge, blé, riz, etc.), d’autres, comme l’Imam Abû Hanîfah, permettent qu’on offre de l’argent à la place de la nourriture.

Les savants qui soutiennent cet avis se basent sur plusieurs preuves et actions des compagnons et sur le fait que le but de la zakât et son esprit est de permettre au pauvre de subvenir à ses besoins et cela de nos jours se réalise mieux et plus facilement quand on donne la valeur monétaire.

Certains même soutiennent l’avis de la donner en denrée pour les gens de la campagne et en valeur monétaire pour la ville car c’est plus utile et plus facile pour le pauvre.

La valeur en denrée équivaut à un Sâ’ qui est égal à 4 Mudd et un Mudd est l’équivalent du contenu des deux mains moyennes jointes, environ 600 à 650 grammes…( à signaler la divergence autour de cette valeur entre les auteurs, notamment à cause de la considération de la nature ou du genre de la denrée).

Ainsi le Sâ’ s’estime à environ 2kg et 600 grammes, ceci dit cela peut être plus ou moins selon le genre de nourriture majoritaire en question (maïs, blé, riz…).

Chez nous il faudra calculer la valeur de la denrée alimentaire la plus consommée comme le riz et le multiplier par 2.6 par personne. Cette année particulièrement où il n’y a pas de prière collective à la mosquée à cause de la pandémie du Covid, il faudra être particulièrement vigilant et donner la zakat al-fitr à temps aux pauvres.

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