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Les portables pour enfants devraient-ils être interdits ?

Les Journées Mondiales sans téléphone portable se sont ouvertes ce mardi 6 février. Un cortège d’associations représenté par Agir pour l’environnement et Priartém  ont profité de l’événement pour adresser une lettre ouverte au ministre de la santé Agnès Buzyn en réclamant l’interdiction de la vente de smartphones spécialement conçus pour les enfants.

Dans la ligne de mire des associations, le « Kidicom Max » du fabricant de jouets Vtech et le « RX-901 » de la marque Simvalley. Le premier est un smartphone qui s’adresse aux 4-12 ans muni uniquement d’un système wifi, tandis que le second sert à appeler à l’aide de cinq touches liées à des numéros pré-enregistrés.

Si le modèle commercialisé par la marque Simvalley est décrit par le fabricant comme un dispositif d’urgence pour équiper « votre enfant ou tout autre personne vulnérable », celui de Vtech ne semble en revanche pas avoir d’autre usage que celui de divertir les bambins. La présidente de Priartém, Janine Le Calvez, somme Agnès Buzyn de mettre en place des campagnes pour sensibiliser les parents aux dangers représentés par l’exposition aux ondes électromagnétiques. « On entend beaucoup parler des risques liés aux écrans, mais aux écrans s’ajoutent les risques liés à l’exposition aux ondes, c’est donc un double effet », explique-t-elle dans la lettre.

Altération des fonctions cognitives et risques d’obésité

Les craintes de ces associations sont justifiées. Un rapport 2016 de l’Agence de sécurité sanitaire (Anses) alarme notamment sur les dangers à long terme d’une trop grande exposition à l’écran (téléphones, tablettes, jouets connectés), qui peut altérer sur les fonctions cognitives de l’enfant notamment au niveau de la mémoire, de l’attention ou de la coordination. Une étude menée par des chercheurs de Harvard il y a plusieurs années a par ailleurs prouvé que le fait de rester « scotché » à un écran plus de deux heures par jour multiplierait les risques pour l’enfant de souffrir d’obésité plus tard.

Le « Kidicom Max » a été lancé quelques semaines avant Noël 2017. Il est donc certainement trop tôt pour déterminer si ce « téléphone-jouet » a rencontré du succès auprès des parents. Mais pour Stéphen Kerckhove, président de Agir pour l’environnement, le simple fait que cet accessoire soit autorisé à la vente en France dénote un profond problème. « Il y a une cécité ou une indifférence des pouvoirs publics », déplore-t-il. Ce dernier rappelle les risques d’addiction liés aux écrans chez les enfants et les adolescents et dévoile les résultats d’un sondage (étude réalisée par Agir pour l’environnement et Priatém), selon lesquels 43% des 18-24 ans ne peuvent pas se passer de leur portable pendant 24 heures.

Addiction aux écrans

Ce phénomène d’addiction aux écrans porte même un nom : la nomophobie. L’expert Jean-Michel Rolland, consultant-formateur en e-management et enseignant-chercheur à l’Institut supérieur de l’électronique et du numérique, le définit comme une forme d’addiction concernant « toutes les personnes qui donnent l’impression de faire un usage excessif d’un ordinateur, d’une tablette, d’un smartphone ou des réseaux sociaux ».

Les pré-adolescents semblent bel et bien avoir attrapé le « virus du numérique ». D’après le Baromètre 2010 « Enfants et Internet » réalisé par l’agence Calysto en partenariat avec l’association La voix de l’enfant, 55% des 11-13 ans auraient une page Facebook, et 47% posséderaient un téléphone portable. Le numérique est devenu pour eux indispensable : 1 sur 3 déclare même dormir avec son portable sous l’oreiller.

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