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Le Sénégal orphelin de ses guides religieux

Décidément 2020 restera dans les annales des années les plus dures. En plus de cette terrible pandémie qu’est le coronavirus, le Sénégal a perdu beaucoup de ses hommes de Dieu et des plus érudits.  

De Dr Cheikh Mouhidine Samba Diallo installé dans les environs de Kaolack à Serigne Pape Malick Sy de Tivaouane, le benjamin des fils du très vénéré Khalifa Ababacar Sy, en passant par Cheikh Tidiane Seck khalife de Tiénaba et au quatrième khalife du très grand Baye Niasse, Cheikh Ahmed Tidiane Niasse, ou El Hadj Tafsir Sakho frère de l’éminent El Hadj Ibou Sakho, en espérant que le macabre décompte s’arrête là, 2020 sera marquée d’une pierre blanche dans la vie religieuse au Sénégal.

Avec une population fortement ancrée dans les croyances religieuses, le Sénégal est un pays où les injonctions des guides religieux sont très souvent suivies à la lettre par tout un chacun et cela participe fortement à la stabilité du pays. C’est donc toujours une grande perte et pour l’état et pour la population que la disparition de ces hommes de Dieu, qui, même quand ils ne sont pas khalifes font quand même très souvent office de régulateurs de la société.

Serigne Pap Malick Sy de Tivaouane

Pape Malick Sy, le plus jeune fils de Khalifa Ababacar Sy fils d’El Hadj Malick Sy était non seulement un guide religieux proche de ses disciples, mais aussi un très grand orateur qui savait captiver son public tout comme Cheikh Tidiane Sy Al Maktoum, son frère aîné. Les disciples regretteront longtemps encore sa douce voix qu’ils pouvaient rester à écouter toute une nuit sans se lasser. On regrettera sa présence lors des géants hadaratul jumah organisés sous son magistère.

Khalife Ahmed Tidiane Seck de Tiénaba

Serigne Cheikh Ahmed Tidiane Seck de Tiénéba, le discret Khalife général de Thiènaba Seck pendant 12 ans, s’est éteint à l’âge de 91 ans, 24h seulement après le décès de Pape Malick Sy. Le Sénégal perd ainsi l’un des plus grands spécialistes de l’enseignement du saint Coran selon la méthode traditionnelle. Baye Cheikh, comme l’appelait affectueusement ses disciples, était le fils de Ibra Penda, second fils de Amary Ndack Seck, fondateur de Thiènaba Seck. Féru de sciences islamiques, les oulémas du pays reconnaissent qu’il est l’un des plus grands spécialistes de l’enseignement du saint Coran selon la méthode traditionnelle. D’ailleurs le défunt Khalife général des Tidianes, Serigne Abdou Aziz Sy «Al Amine», avait reconnu que Serigne Cheikh Ahmed Tidiane Seck était l’un des rares guides religieux du pays qui avaient une parfaite maîtrise des sciences en général du Coran.

Cheikh Mouhidine Samba Diallo de Sagne Bambara (Kaolack)

Que dire du Fondateur de Sagne Bambara, le très érudit Dr Cheikh Mouhidine Samba Diallo, islamologue, astro physicien à la science infuse. Endurci par des années d’opposition au pouvoir du président chrétien Senghor, comme son voisin et grand frère Baye Niasse à Kaolack, il n’a pas reculé ni renoncé à lutter malgré moult arrestation, menaces et intimidation. Parti étudier dans les pays arabes, il a voyagé un peu partout à travers le monde pour aller à la recherche de la connaissance dans tous les domaines. Ce bâtisseur, en plus d’une ville nouvelle, d’un hôpital de plus de 100 lits et d’un institut religieux nous laissera des enregistrements de haute qualité sur l’Islam et une impressionnante bibliothèque que ses héritiers se chargeront certainement de terminer pour le bien de toute personne ayant soif de connaissance.

Pape Cheikh Ahmed Tidiane Niasse de Medina Baye

Idem pour Pape Cheikh Tidiane Niasse, 4ème Khalife de Baye Niasse. Le Khalife de Medina Baye s’est éteint à l’âge de 88 ans. Comme tous les enfants de Mame Baye Niasse, ce fin lettré en arabe était un grand érudit du Coran. Pendant 10 ans il n’a pas cessé d’œuvrer pour la modernité de la cité religieuse de Kaolack, n’a pas hésité à se déplacer pour des prières à l’ouverture de l’aéroport Blaise Diagne de Ndiass. Sous son Khalifat, l’état entreprendra la construction de la maison d’hôtes et l’université El Hadj Ibrahima Niasse de Kaolack. Même la pandémie du coronavirus ne l’avait pas détourné des dévotions religieuses publiques, ce qui lui vaudra une convocation à la police.

El Hadj Tafsir Sakho de Ngaparou et Rufisque

Le Sénégal aura aussi perdu El Hadj Tafsir Sakho, khalife de la famille d’El Hadji Elimane Sakho, grand érudit de l’islam et de la tidianiya au Sénégal et également frère du célèbre feu Ibou Sakho, dont les enseignements étaient très courus dans les années 90. Le décès est survenu le samedi 21 juin juste avant celui de Pape Malick Sy. C’est la grande famille Sakho de Ngaparou et Rufisque, de même que la confrérie Tidiane qui sont en deuil avec le décès de Tafsir Sakho. Avec lui, disparaît une figure de l’Islam. Il était le frère cadet de l’inénarrable conférencier Ibou Sakho dont il reprit le flambeau en l’imitant à la perfection.

Ses prises de paroles étaient toujours attendues. De même que ses conférences au cours desquelles, il tenait en haleine les nombreux publics qui accouraient. Féru de jurisprudence, nanti d’une solide formation dans le Fikh, il excellait dans l’art de décortiquer les maux de la société sénégalaise sous le prisme du vécu de l’Islam à travers les cycles d’évolution et d’adaptation des enseignements des Muftis et autres érudits au nombre desquels son propre père ElHadl Elimane Sakho, Seydi El Hadji Malick Sy, Seydi Ababacar Sy.

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