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Le jour où mon mari m’a présenté ma coépouse

Quand le vin est tiré, il faut le boire… Mon mari avait pris une deuxième femme alors qu’on était en séjour à l’extérieur. Après les réactions légitimes de femme trahie et frustrée, j’avais fini par accepter, parce que, de toutes façons, je n’avais pas d’autre choix que d’accepter. J’étais musulmane, il avait opté pour la polygamie à 4 épouses, et même s’il jurait ne pas être capable de gérer plusieurs femmes, il l’avait cependant fait.

Seulement, j’étais loin de me douter que cela allait arriver maintenant, et surtout pendant qu’on vivait loin de notre pays d’origine. Bref, je supportais quand même pour différentes raisons. D’abord parce que mon mari avait tenté tant bien que mal d’adoucir ma peine avec moult cadeaux, paroles rassurantes et gestes affectueux et amoureux, me rassurant sur ses sentiments à mon égard. La deuxième raison était que madame la deuxième était au pays, bien loin de nous, je ne sentais donc aucune différence dans ma vie, à part les moments où ils se parlaient au téléphone et où je ressentais ce pincement au cœur de femme trahie.

Et un jour, ce qui devait arriver, arriva, madame la deuxième vint rendre visite à son tendre et cher. Après me l’avoir caché jusqu’au dernier moment, monsieur dût m’avouer que madame avait débarqué ce matin même et allait passer un petit mois avec nous. Bien sûr, il n’était pas question qu’on cohabite, il lui avait loué un meublé, mais il demandait une dizaine de jours « off » pour rester avec elle, avant de reprendre la vie commune avec moi, et nous allouer à chacune deux jours/deux jours comme préconisé en Islam. En outre il faudrait bien qu’elle passe me saluer…si j’étais d’accord, bien sûr…

Faisant contre mauvaise fortune, bon cœur, j’acceptais, mais j’en profitais quand même pour réclamer la belle montre de marque dont je rêvais depuis un moment et qu’il me refusait, arguant qu’il m’avait assez gâtée. O miracle, il accepta cette fois ci sans discuter pour calmer ses remords vis-à-vis de moi et essayer de racheter sa traitrise. Piètre consolation, vu que je n’ai jamais autant détesté une montre comme celle-là. En effet, j’étais triste de voir qu’il acceptait avec joie pourvu que je lui colle la paix pendant ses dix jours de lune de miel avec sa dulcinée !

Et puis le jour des présentations arriva. Je l’avais repoussé au maximum, mais madame la deuxième était là depuis trois semaines maintenant et insistait  pour voir ma tronche et sûrement mon environnement. Quant à moi, je n’avais aucune hâte de faire sa connaissance, elle aurait tout aussi bien pu repartir sans que je la vois, cela ne faisait ni chaud, ni froid. Ce jour-là donc mon cher et tendre insista et je finis par dire oui. A 20h ils sonnèrent à la porte. Je portais une robe longue toute simple en wax avec un petit châle assorti, pas de maquillage comme d’hab. Juste un peu de poudre et un trait d’eyeliner pour les yeux. Par contre le grand appartement que nous occupions brillait de tous ses lustres, meublé avec goût par le maitre des lieux et moi-même, un encens très doux et un diffuseur dans un coin du salon émettaient des effluves paradisiaques. Je les laissais sonner 5 bonnes minutes avant d’ouvrir. Prétexte : je terminais ma prière. Je ne me souviens plus si c’était vrai ou faux !…

Au premier coup d’œil je vis qu’en tant que femme, je n’avais rien à envier à ma rivale, à part qu’elle était beaucoup plus jeune que moi. Par contre elle avait un petit air effronté de celle qui s’était préparée à me défier. Je m’effaçais pour les laisser entrer après les avoir salués et elle me dépassa, emboitant le pas à son mari, sans tenir compte de moi, comme si elle était chez elle. Je me dis tout de suite, qu’avec celle-là, je devrais marquer mon territoire ! Je les accompagnais s’installer au salon et allais chercher à boire. Nous vivions avec notre fille mais elle était sortie. Revenant au salon avec mon plateau, j’entendis ma coép éclater de rire sur une réflexion de notre mari. Ravalant mon envie de l’étrangler, je fis mon plus beau sourire pour lui demander ce qu’elle voulait boire. Après les présentations d’usage, notre mari dit : « voilà, c’est Dieu qui a décidé de vous rassembler sous la coupe du même époux, donc, acceptez votre destin, comportez-vous comme des sœurs et sachez que je serai équitable avec vous », avant de disparaitre et nous laisser seules.

Pendant une bonne vingtaine de minutes, j’essayais d’établir une conversation avec cette femme qui venait de faire irruption dans ma vie, me volant mon époux. Je faisais tout pour ne pas laisser remonter ma rancœur, me disant sans arrêt « c’est une invitée comme une autre, il faut faire preuve de bienséance ».  Mais ma coépouse ne m’aidait pas vraiment. Répondant par oui ou non à mes questions sur la situation économique ou sociale du pays, elle affichait ses grands airs sans gêne, en croisant et remuant ses jambes comme si elle était chez elle !

Je finis par m’excuser pour aller chercher notre mari qui ne revenait pas, pensant qu’il faisait ses ablutions ou était en prière…Quelle ne fut ma surprise en le trouvant bien allongé sur notre lit, le regard perdu au plafond ! « Mais ! que fais-tu là ? » il me répondit tranquillement « je vous laisse faire connaissance » « ça suffit ! On a assez fait connaissance ! Tu me laisses gérer ton invitée alors que je n’ai vraiment rien à lui dire ! » et il répondit « en fait, j’avais peur que vous n’en veniez aux mains, donc j’ai préféré m’éclipser ! » Je n’en revenais ! Moi ! En venir aux mains avec une autre femme à cause d’un homme ? C’était mal me connaitre ! Une bouffée de colère m’envahit. C’était une insulte à ma dignité ! Je répondis juste : « tu me connais bien mal, maintenant viens lui tenir compagnie pendant que je réchauffe le diner. Si vous restez diner bien sûr » « si tu nous invites, oui, on reste diner ».

En réchauffant le diner, je me disais que ces deux-là se « fichaient de ma gueule ! » et je comptais leur donner une leçon de savoir vivre. J’en ai eu l’occasion très rapidement au moment de se mettre à table et que madame la deuxième voulut s’installer à ma place. Malgré les protestations de son mari, je lui indiquais fermement la place qu’elle pouvait occuper, après la mienne, celle du chef de famille et de notre fille. Par la suite, durant tout le diner, je marquais mon territoire, proposant les différents plats et indiquant le moment de sortir de table, de prendre le thé, avant de prendre congé des deux, ignorant royalement ses mimiques et ses petites blagues qui ne faisaient rire que mon mari. En prenant congé avec mes « invités », je remarquais avec joie que à quel point ma sérénité avait déstabilisé ma coépouse, qui affichait un sourire tordu de femme visiblement jalouse qui ne parvenait pas à le cacher.

Les remerciements de notre époux et ses compliments pour le diner (d’autant plus qu’ils étaient imprévus) irritaient visiblement notre invitée qui, oubliant tout savoir-vivre, ne put pas sortir le moindre mot de remerciement à mon égard ! Le lendemain mon mari m’avouait avoir remarqué l’air provocateur de ma coépouse et saluait la maitrise et la courtoisie dont j’avais fait preuve durant toute la soirée. J’étais fière de moi. J’avais gagné une bataille !

Voilà une expérience que je souhaitais partager avec vous, chères sœurs, en vous exhortant à maitriser vos nerfs, si vous deviez vous retrouver dans pareille situation. Restez digne et sereine, dominez vos sentiments et si la personne avait l’intention de vous provoquer, vous finirez par inverser la situation.

Pour la fin de l’histoire, ma coépouse a fini par péter les plombs, et jeter l’éponge. Elle n’était pas venue pour vraiment rester mais pour détruire un couple uni, et elle n’y est pas parvenue.  Moralité : la patience et la sérénité sont les remèdes à tous les maux !

source photo : daily post

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