Accueil » Actualités » La puissante Amérique, un genou à terre…

La puissante Amérique, un genou à terre…

Trêve de dissertations sur les troubles découlant du meurtre de George Floyd. Il s’agit maintenant d’ouvrir grands les yeux sur les hypothèques qui pèsent sur la plus grande démocratie du monde. L’est-elle encore ?

Le manque d’apôtres de la paix ou de missionnaires de sacerdoce prive aujourd’hui le pays d’un leadership incontesté qui lui échappe d’ailleurs de plus en plus. Sous nos yeux, la politique se dissout. Elle se désagrège en même temps que la société américaine perd sa cohésion. En un mot son unité s’effrite. L’Amérique chahutée ? Pas encore car elle a une force résiduelle impressionnante.

En revanche, le danger guette ce pays de paradoxes. Le contexte qui y prévaut est anxiogène. Des périls bien réels menacent la grande puissance. Quand des fautes manifestes de pilotage s’y ajoutent, le cocktail explosif n’attend, pour détonner, qu’un prétexte aléatoire.

L‘ambiance de Far West observée cette semaine dans cet Etat du Midwest a servi de détonateur d’une crise qui couvait depuis de longues décennies. L’exacerbation des haines vient troubler la quiétude d’une partie de l’Amérique profonde scindée en deux : d’un côté les riches et de l’autre, les exclus du système. Lequel ne se renouvelle pas. Il se sclérose. Et faute de remise à plat, il opprime plus que de raison, faisant de tous les citoyens des prisonniers de logiques qui se heurtent au quotidien. Les Noirs en premier le sont doublement : désavantagés par les inégalités, ils vivent pour la plupart d’aides basées sur une politique sociale mal adaptée.

A force de recevoir, les plus démunis d’entre eux s’enferment dans une « mémoire d’oppression en doutant plus de leurs capacités que du racisme dont ils sont les victimes », souligne l’universitaire de renom Shelby Steele. Il pointe aussi la « culpabilité des Blancs » en délicatesse, ajoute-t-il, avec leur conscience du fait de la longue pratique de l’esclavage. Près de 400 ans de servilité forgent des mentalités, pas pour les mêmes raisons certainement. Le préjugé de l’infériorité des Noirs est logé dans la mentalité blanche, relève encore, Pr Shelby Steele qui regrette toutefois que ceux qui ont prétendu succéder à Dr. Martin Luther King « n’avaient pas son exigence ».

En clair, ils ont enfoncé le statut de victimes et réclamé de la culpabilité blanche des compensations et des traitements préférentiels au nom de « l’affirmative action ». Celle-ci a fait son temps. Dévoyée de ses objectifs initiaux, elle a laissé s’installer une caste de politiciens qui confisquent cette « discrimination positive » pour fonder un pouvoir racial vigoureusement combattu par l’économiste Thomas Sowell et le constitutionnaliste Stephen Carter, brillants universitaires qui font autorité dans leurs domaines respectifs au sein de l’intelligentsia américaine.

L’Amérique a beaucoup perdu : sa puissance, son prestige, sa grandeur, ses pôles d’attraction, son rêve, son mythe fondateur… Elle n’est plus le chef incontesté d’un monde devenu multipolaire depuis la chute du mur de Berlin en 1989. Pour preuve : elle n’est plus présente simultanément sur plusieurs théâtres d’opérations à la fois. Un signe…

source : Mamadou Ndiaye Seneplus

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Login