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Enurésie ou Quand l’enfant fait pipi au lit

ENURESIE

Dr Liliane LEMEGNE: D.E.S  de psychiatrie, niveau 3 à la clinique MOUSSA DIOP de l’université Cheikh Anta DIOP de Dakar, en stage au service de pédopsychiatrie de keur xaleyi. D.E.S de médecine du travail à l’université Cheikh Anta DIOP de Dakar, Dr Lemegne nous parle aujourd’hui d’énurésie ou le fait pour l’enfant de faire pipi au lit.  Comment l’appréhender et comment le soigner ? Suivons les conseils du médecin.

L’énurésie est une miction normale et complète, involontaire et inconsciente sans lésion de l’appareil urinaire. C’est un trouble du contrôle sphinctérien caractérisé par des mictions actives, involontaires, diurnes et ou nocturnes après l’âge d’acquisition normale de la propreté (vers 5 ans), en dehors de tous troubles physiques comme le diabète ou l’épilepsie. C’est un trouble assez fréquent (10-15 %) surtout dans les services de pédopsychiatrie, affecte majoritairement les garçons (14 % de garçons et 7 % de fille soit 2/1). Sa prévalence décroît avec l’âge.

On distingue l’énurésie

  • Primaire : Elle est la plus fréquente, pouvant être nocturne ou diurne, le plus souvent liée à une immaturité vésicale.
  • Secondaire : l’enfant a du être propre pendant une période de 6 mois à un an. Pouvant être nocturne ou diurne
  • Permanente ou intermittente
  • Nocturne, diurne ou mixte

Certains troubles peuvent être associés : encoprésie, troubles anxieux, bégaiement, dyslexie,  difficultés scolaires, potomanie, troubles du sommeil. On retrouve souvent un retentissement sur l’estime de soi, voir une autodépréciation.

Elle est de cause le plus souvent inconnue. Par ailleurs, plusieurs facteurs lui sont intriqués  (génétique, stress, environnement socio-éducatif, dysfonctionnement vésical, retard de maturation neurologique, défaut de  maturation de la personnalité…).

Le traitement de l’énurésie dépend  de son caractère primaire ou secondaire. Une énurésie primaire est presque toujours d’origine organique (immaturité vésicale le plus souvent) et l’on retrouve fréquemment des antécédents familiaux, alors que l’énurésie secondaire est le plus souvent d’origine psychogène.

Si l’enfant a moins de 5 ans, aucun traitement n’est nécessaire (l’énurésie n’est pas dans ce cas considérée comme pathologique). Après l’âge de 5 ans, la prise en charge débutera par des conseils hygiéno-diététiques et éducatifs simples :

  • Régularisation des rythmes du sommeil
  • Diminution des apports hydriques, surtout le soir
  • Correction des mesures éducatives  trop rigides avec une dédramatisation du trouble ou de l’attitude trop libérale, voire indifférente
  • Encourager l’autonomie par la suppression des couches par exemple.

Si ces mesures sont insuffisantes ou en cas d’échec, on y associe des mesures comportementales et psychothérapeutiques :

  • Tenue par l’enfant d’un calendrier mictionnel ou il note la fréquence de l’énurésie
  • Avertisseur sonore : pipi stop ou lever systématique une heure après le coucher pour faire pipi
  • Psychothérapie de soutien brève

En dernier ressort, on associera, en cas d’échec ou d’une énurésie invalidante, un traitement médical de courte durée avec en première intention la Desmopressine (Minrin) ou un  antidépresseurs tricycliques comme l’Anafranil, le Tofranil.  Ces derniers ont un effet inhibiteur sur les muscles lisses (effets anti-cholinergiques). Ils ne doivent cependant pas être prescrits chez les enfants de moins de 6 ans et doivent être données de façon progressive.

Dans le cas d’une énurésie primaire, il est important de prévoir une consultation urologique, de déculpabiliser l’enfant par rapport à  un symptôme dont il n’est pas responsable.

Dans le cas d’une énurésie secondaire, il est important de rechercher un éventuel traumatisme, des facteurs  de stress liés à des changements de la structure familiale (naissance d’un frère ou d’une sœur, séparation familiale, entrée à l’école).

L’énurésie est de bon pronostic. Il est important, par ailleurs, de savoir repérer un trouble de l’estime de soi, des difficultés d’interactions sociales, une mauvaise image de soi et des conflits familiaux pour une meilleure prise en charge.

Crédit photo: www.fashions-cloud.com

About Dr. Momar Camara

Docteur Momar Camara est médecin psychiatre de formation et exerce actuellement au Centre Hospitalier National Universitaire de Fann. Il est en même temps psychothérapeute, spécialiste du stress  et formateur. Il a longtemps animé des programmes de développement personnel et intervenu dans des organismes pour le soutien psychologique de leur personnel.

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