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Cinéma : consécration pour la franco-sénégalaise Maimouna Doucouré !

Née en 1985, Maimouna Doucouré était loin de s’imaginer à ses débuts dans le cinéma, qu’elle allait connaitre aussi rapidement une telle consécration. Parallèlement à ses études de biologie, elle suit des cours de théâtre et s’essaie à l’écriture de scénarii.

Maimouna Doucoure, le cinéma français devra compter avec elle

Dans le cadre d’un concours de scénario initié par l’Union sociale pour l’habitat, elle réalise en 2013 son premier court-métrage « Cache-cache ». Encouragée par le succès de cette première production, coup de cœur du jury du festival « Génération Court », elle continue avec « Maman(s) ».

Sorti en 2015, ce court-métrage produit par bien et bien productions est sélectionné dans 200 festivals et remporte plus de 60 prix dont le César du meilleur court-métrage en 2017 en France, mais également le prix du Meilleur Court métrage au Festival de Toronto et le prix du meilleur court-métrage international au Festival de Sundance. Le célèbre festival hollywoodien créé par l’acteur Robert Redford, où elle fait une entrée remarquée par les professionnels américains.

Avec Maman(s), la franco-sénégalaise crée la sensation. Le scénario n’est pas très éloigné de l’expérience personnelle de la réalisatrice qui a elle-même grandi dans une famille polygame. « Ma première inspiration, c’est ma propre vie. Je suis née et j’ai grandi en France, avec une double culture. Mes parents sont d’origine sénégalaise. Nous étions dix frères et sœurs dans une famille polygame. Mais je n’ai pas vécu l’histoire telle que je la raconte dans mon film. Moi, quand je suis née, j’avais déjà deux mamans. »

Affiche de « Mamaans »

Dans le film, Aida, petite fille de huit ans habitant en banlieue parisienne, voit un jour son père revenir du Sénégal accompagné d’une jeune femme qu’il présente comme sa deuxième épouse. Aida, sensible au désarroi de sa mère, cherche à se débarrasser de la nouvelle venue…

César du meilleur court métrage en 2017 pour Mamans

En 2020, la réalisatrice est de retour avec Mignonnes, son premier long métrage qui a déjà obtenu la mention spéciale du Jury international de la Berlinale et le prix de la meilleure réalisation au Festival américain Sundance. Sorti le 19 août 2020, Maïmouna Doucouré a été pratiquement à la Une de tous les grands journaux français. Du « Monde » au « Figaro » en passant par « Paris Match », « Jeune Afrique » ou « La Croix », il n’y en avait que pour elle et son film. Cette consécration aussi rapide qu’inattendue constitue une belle revanche pour la jeune femme de trente-cinq ans. Maïmouna Doucouré y montre une jeunesse tiraillée qui veut grandir trop vite.

Affiche officielle de Mignonnes

Le scénario de Mignonnes : tout part d’un bouleversement familial 

Amy est une jeune fille de onze ans qui vit avec sa mère et son petit frère à Paris. La pré-adolescente est troublée quand elle apprend que son père s’apprête à revenir du Sénégal… avec une nouvelle femme. Pour fuir ce bouleversement familial, Amy se rapproche d’un groupe d’adolescentes de son âge, les « Mignonnes ». Fascinée par cette bande de danseuses, elle va apprendre leurs chorégraphies très sensuelles pour les aider à gagner un concours.

La question de la polygamie vue par les yeux d’une enfant était déjà au centre de Maman(s). Mignonnes est l’occasion d’aborder une autre thématique qui dérange : l’hypersexualisation des adolescentes. L’idée du film vient à la réalisatrice alors qu’elle assiste à une fête de quartier. Des filles de onze ans dansent devant un public de manière sensuelle et choquent les mères africaines de l’assemblée.

A droite l’affiche controversé de Netflix

Malgré le succès de ce premier long métrage, la réalisatrice a dû faire preuve de beaucoup de courage pour surmonter tous les écueils placés sur son chemin. Il y a eu d’abord la polémique relative à l’affiche de Netflix. Alors que l’affiche française du film Mignonnes présente simplement les éclats de rire de quatre collégiennes qui s’avancent dans une rue de la capitale, Netflix avait publié une image de la bande de copines en sous-vêtements, sous les feux de projecteurs, dans une mise en scène hyper sexualisée. La réalisatrice subit les conséquences des agissements du géant du streaming. Une partie des tweets qui ont porté la polémique s’est directement dirigée vers elle, en l’accusant de véhiculer des images pédopornographiques. La vague de harcèlement conduite à son égard a poussé Maïmouna Doucouré à supprimer son compte twitter. En outre, deux pétitions ont été lancées pour demander le retrait du film de la plateforme.

Quoiqu’il en soit, Maimouna Doucouré s’impose désormais comme une réalisatrice qui va marquer le cinéma français.

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